La ville du futur

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Des espaces verts au coeur des immeubles, des toits à vivre, des murs intelligents… A l’heure de l’explosion démographique, du boom technologique et du développement durable, la ville apprend à se projeter dans le futur. Inspection des travaux pas finis…

Main basse sur la ville

« Vous êtes bien urbains ! » Très urbains, même, à en juger par les statistiques qui tendent à montrer que vous êtes trois Français sur quatre à habiter en ville. Mieux, les prévisions estiment que dans vingt ans, la population urbaine représentera 60 % de la population mondiale. Conséquence, le génie civil, les architectes et autres promoteurs sont déjà en train d’imaginer la cité de demain, pour qu’elle ne devienne pas un capharnaüm kafkaïen, surpeuplé, pollué et embouteillé.  Un peu comme ce blog de paris par exemple.

L’écoloville

Vous vous voyiez déjà en train de rentrer chez vous en voiture volante comme dans Blade Runner ? Oubliez ! La science-fiction n’aura pas été assez forte pour nous obliger à réorganiser la ville. En revanche, la prise de conscience de la menace écologique, elle, est en train de la faire évoluer concrètement pour de nombreuses années. Diminution des dépenses énergétiques, amélioration des transports et de notre qualité de vie, autonomie alimentaire, voici donc les maîtres mots pour les maîtres d’oeuvres chargés de bâtir la ville qu’il nous faut. C’est d’ailleurs le but affiché par les éco-quartiers, un concours lancé par le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, dans le cadre du plan Ville durable de Jean-Louis Borloo. Il s’agit d’encourager les urbanistes à intégrer des objectifs de développement durable comme l’économie d’énergie et l’écologie dans les futurs aménagements du territoire.

Mais il n’y a pas que les éco-quartiers qui vont révolutionner la ville de demain, comme nous l’explique Philippe Trétiack, grand reporter pour Elle et Beaux-Arts et architecte de formation : « Les gens qui travaillent sur les villes en sont à concevoir des espaces urbains dans lesquels ils intègrent de la campagne, des parcs, et des jardins pour des gens qui ne verront jamais la campagne. »

Poussant encore plus loin ce raisonnement, d’autres architectes imaginent déjà au coeur des villes, voire au coeur des immeubles, des jardins et des fermes. Une tendance à l’autonomie alimentaire qui s’applique également aux dépenses énergétiques, puisque les immeubles du futur sont d’ores et déjà pensés pour récupérer l’eau de pluie, et la recycler afin d’arroser les espaces verts, nettoyer la voie publique, ou même alimenter les chasses d’eau. Idem pour l’électricité fabriquée grâce à des éoliennes ou des panneaux solaires intégrés aux buildings.

La conquête de l’espace

A l’heure où la démographie ne va aller qu’en augmentant, le nouvel hymne national des villes du futur pourrait bien être « Toit, toit, mon toit ! ». Pour y capter l’énergie solaire, donc, pour y faire pousser nos carottes aussi, mais également avec l’idée, comme le confirme Philippe Trétiack, que « les toitures seraient un nouvel espace à conquérir. Dans le projet de Jean Nouvel pour le Grand Paris, il y avait l’idée d’y tracer des voies accessibles où l’on pourrait marcher et passer d’immeuble en immeuble. Ce n’est pas idiot. Mais comment ça se réglera ? Il y a d’énormes problèmes de copropriété et d’assurances à résoudre. » En tout cas, en attendant de circuler sur les toits, il est évident que la tendance de l’urbanisation moderne est à la verticalité. Les tours offrent l’avantage de concentrer la population en un seul lieu, limitant ainsi les déplacements. Ce qui permettrait toujours selon Philippe Trétiack de répondre aussi aux nouvelles perspectives d’amélioration de la vie dans la cité : « On voudrait sortir du cauchemar urbain de la ségrégation qui touche les quartiers de bureaux isolés la nuit, dans lesquels plus personne n’ose aller sous peine de se faire égorger. Tout le monde rêve de faire la fameuse ville mixte où vous auriez mêlés, à l’intérieur de tours, des commerces, des bureaux et des logements. Ça existe un tout petit peu à Tokyo, mais là encore, les réglementations d’assurances sont telles qu’on ne peut pas encore mélanger habitations et bureaux. »

La bio cybercité

En plus d’être verte et verticale, la ville du futur bénéficiera également de toutes les innovations technologiques, comme notamment une connexion permanente avec les réseaux de communication. Ce
qui aura pour conséquence d’améliorer notre quotidien en termes de domotique et de loisirs, mais aussi en termes de sécurité grâce à la télésurveillance ou l’assistance médicale. Mais à cette envolée de l’immatériel s’ajoute celle, matérielle, des matériaux dits intelligents qui influeront sur la physionomie des villes. Vitres autonettoyantes grâce à des système de catalyseurs, fenêtres auto-noircissantes pour protéger l’intimité, murs intelligents capables de réguler leur taux d’humidité, façades capables de s’autoventiler : tout ceci n’est déjà plus de la sciencefiction à l’heure où les tours pivotantes de Dubaï et Moscou, imaginées par l’architecte italien David Fischer, sont déjà en chantier. Conçus pour tourner sur eux-mêmes en suivant la direction du soleil, les appartements des tours seront donc toujours alimentés en énergie, et offriront un incroyable panorama à leurs occupants. Autre concepts enthousiasmants, le centre-ville de la ville nouvelle de Gwanggyo en Corée du Sud ou de la “jungle urbaine” de Hong- Kong, dont les gratte-ciel incorporeront des espaces verts à l’intérieur même des bâtiments. Enfin, même si cela reste pour l’instant à l’état de projets destinés aux études scientifiques, des architectes très sérieux comme Jacques Rougerie, membre de l’Académie des beaux-arts, planchent régulièrement sur des ébauches de maisons sous-marines comme le Seaspace. Ce genre d’initiative risque toutefois de ne jamais dépasser le stade de la science-fiction, comme le souligne Philippe Trétiack : « Dans les années 70, l’architecte futuriste Paul Maymont a pensé qu’on construirait dans la Seine et qu’on y ferait des rues et des avenues. Évidemment, il s’est trompé ! » Mais même si on peut se tromper parfois, même si les arbres vont mettre un peu de temps à pousser sur nos paliers, même s’il faut rappeler que les favelas de Rio ou les bidonvilles de Bombay ne sont pas près d’avoir droit à la verticalité, la révolution verte est là, et elle dessine déjà les plans de notre future urbanité.

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