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Le jeu vidéo est en pleine mutation. On joue de plus en plus sur nos téléphones plutôt que sur des consoles ; de nouveaux modèles comme la 3DS peinent à décoller ; et on se méfie de nos consoles de salon suite au piratage de la PS3. Heureusement, une nouvelle vague créative se développe dans ce contexte morose.

La crise de Sony est à elle seule d’une ampleur inédite. Les données personnelles de plus de 100 millions de joueurs ont été compromises en moins de deux semaines fin avril ; des hackers prétendent détenir les coordonnées bancaires de 2,2 millions de ces utilisateurs. Au moment où nous écrivons ces lignes, le PlayStation Network (PSN) de la PS3 est toujours fermé. Quand il rouvrira enfin, Sony a promis deux jeux gratuits (dont l’excellent “WipeOut HD”) et un mois d’abonnement à son service premium pour compenser les désagréments subis par les utilisateurs du PSN. Trop peu, trop tard ? En tout cas de quoi se méfier à vie du jeu en ligne… Mais tout n’est pas rose pour Nintendo non plus : la 3DS, la version 3D de la console la plus vendue au monde, a vu ses ventes s’affaisser peu de temps après son récent lancement. La direction de la firme a même reconnu que ses performances n’avaient pas été à la hauteur de leurs propres espérances. Peut mieux faire, en somme. Si Nintendo attirera plutôt l’attention sur la remplaçante de la Wii dès début juin, force est de constater que les géants japonais du jeu vidéo sont mal en point. D’autant que leurs consoles portables sont de plus en plus mises au défi par les jeux pour smartphones. Les chiffres sont plus que parlants : le cabinet de recherches Juniper estime que la valeur du marché des jeux mobiles aura presque doublé d’ici 2015 pour atteindre 11 milliards de dollars, soit la valeur actuelle de l’industrie vidéoludique “traditionnelle” (à savoir les jeux pour consoles et PC). Fou, non ?

D’après Juniper, ce sont les jeux où l’on peut acheter de nouveaux objets virtuels dans le jeu lui-même qui vont permettre cette explosion de revenus. C’est le modèle qui marche si bien pour les jeux sur Facebook, de type “Farmville”, et celui qui est notamment utilisé dans “MetalStorm : Online” (iPhone/ iPad), un jeu de combat aérien gratuit qui nous pousse constamment à acheter de nouveaux avions ou armes, sans quitter le jeu. Jeu pas mauvais au demeurant, mais uniquement jouable contre des adversaires en ligne. Déconseillé, donc, aux amateurs d’histoires entraînantes. Ces derniers devraient plutôt adopter l’iconoclaste jeu d’aventures “Superbrothers : Swords & Sworcery EP” (iPhone/iPad, 3,99 €) notre chouchou du moment, car la meilleure preuve de la nouvelle immersion narrative des jeux mobiles. Ils pourraient également essayer “Battleheart” (iPhone/iPad, 2,39 € ; Android, 2,09 €), jeu de rôle tactique aux allures enfantines mais en réalité drôlement difficile ! On contrôle un groupe d’aventuriers aux rôles classiques – soldat, guérisseur, sorc i e r , etc. – a s s a i l l i s par des monstres en tous genres. L’originalité, c’est la possibilité de jouer à une vitesse effrénée, tant il est facile de commander ses troupes avec l’écran tactile. Les bourrins contemporains opteront plutôt pour “Modern Combat 2 : Black Pegasus” (iPhone/iPad, 5,49 € ; Android, 4,90 €). Certes, Gameloft, son éditeur, a une fois de plus réalisé une copie presque conforme d’un jeu de console à succès (en l’occurrence “Modern Warfare”). Mais le résultat est honnête : un FPS (jeu de tir à la première personne) musclé, où le mouvement parfois difficile est équilibré par une visée automatique assez clémente. Egalement très référencé mais nettement plus réussi, “Asphalt 6” (3,99 € iPhone ; 5,49 € iPad ; 4,90 € Android) pompe allègrement “Burnout” et compagnie, mais n’en reste pas moins l’un des tout meilleurs titres de voiture sur mobile. Bien meilleur en tout cas que “Need for Speed : Hot Pursuit HD” (iPad, 7,99 €), très loin de la nervosité de ses excellentes versions console. Si les fans de “Worms”, l’éternelle série de tir tactique, seront ravis de découvrir de très bonnes adaptations pour mobile de leur titre comique préféré (iPhone & iPad, 2,39 € ; Android, 2,09 €) les amateurs de jeux de rôle japonais seront tout aussi comblés par “Chaos Rings” (iPhone, 2,99 € ; iPad, 3,99 €). Il s’agit d’un titre dans la droite ligne des “Final Fantasy” – normal, il vient du même éditeur –, avec héros stylés, batailles épiques et énigmes tordues. Une suite nommée “?” existe également pour les plus insatiables, mais attention : elle coûte beaucoup plus cher.

Côté consoles de salon, il faut avouer que récemment, le domaine ne brillait pas par sa créativité débordante. Trop de suites, trop de gore, trop peu de prise de risque… C’est le cas, par exemple, de “Mortal Kombat” (PS3, Xbox 360, environ 60 €, déconseillé aux moins de 18 ans), première version de la notoire franchise de baston sur consoles next-gen. Elle est plus volontairement outrancière que jamais, puisque d’une violence graphique inédite : mais au fond, rien de nouveau sous le soleil. “Brink” (PS3, Xbox 360, PC, environ 70 €, déconseillé aux moins de 16 ans), pour sa part, tente de réinventer le FPS en ligne. Il y arrive presque, notamment avec sa touche “parkour”, qui permet de traverser tout terrain et obstacle sans s’arrêter. Son design et sa patte graphique unique méritent également le détour. Mais au final, c’est du “Counter Strike” assez banal et répétitif : hors ou en ligne, les affrontements ont toujours lieu aux mêmes endroits. De plus, le manque d’intrigue est assez criant. La tentative d’innovation est plus réussie du côté des jeux de tennis, incontournables en cette période de grands tournois. Cette fois-ci, c’est “Top Spin 4” qui vole la vedette à “Virtua Tennis 4” (les deux sur Wii, PS3 et Xbox, 30 à 60 €, tous âges). Car le système de frappe du premier est tout bonnement jouissif. Plus on appuie tôt sur le bouton avant l’arrivée de la balle, mieux on la renvoie. “Virtua Tennis”, quant à lui, reste un jeu d’arcade bien trop simple : on n’est pas loin du pingpong… Heureusement, il se rattrape avec Kinect (sur Xbox) en devenant un FPS version tennis : on incarne son joueur en frappant devant sa télé, ce qui donne un degré d’immersion inédite. Bravo ! Le premier jeu totalement incontournable de ce début d’année est “Portal 2” (30 € sur PC, 50 € sur PS3 et Xbox, déconseillé aux moins de 12 ans). Celui-ci accomplit la lourde tâche de nous faire rire, tout en développant nos neurones. Le principe de base est simple. On doit s’évader d’une série de pièces grâce à une arme qui crée des portails d’entrée et de sortie dans les murs, quelle que soit leur inclinaison. On se retrouve donc à résoudre de diaboliques énigmes en trois dimensions. D’abord, on enrage contre leur apparente difficulté ; ensuite, à force d’essayer, on trouve la solution ; et au final, on sort de chaque pièce avec un sentiment de fierté et d’accomplissement ! Le tout souligné par un humour “so British”, grâce notamment à la voix de Stephen Merchant, le cocréateur de la série “The Office”. Décalé, drôle et intelligent, “Portal 2” est une perle rare. Mais le véritable chef-d’oeuvre du moment est en quelque sorte le grand frère assagi de “Grand Theft Auto”. Normal, “LA Noire” (65 €, PS3 et Xbox, déconseillé aux moins de 18 ans) vient de la même maison, Rockstar Games. Il y a donc l’immense ville recréée dans ses moindres détails, des courses-poursuites et des scènes de combat. Mais comme il s’agit d’un polar digne des meilleurs James Ellroy (l’auteur de “L.A. Confidential”), le véritable nerf de la guerre, ce sont les inspections des scènes de crime, et les interrogatoires. Dans ces derniers, il faut s’appuyer sur les indices retrouvés auparavant, mais également observer l’attitude du suspect. Si son regard est fuyant, par exemple, on l’accusera plus volontiers de mentir, dans le but de faire émerger la vérité. Si le bon processus d’interrogatoire est parfois obscur, la véritable merveille de “LA Noire” reste son animation faciale. On n’avait jamais vu des acteurs virtuels aussi réalistes, et capables d’exprimer autant d’émotions authentiques. On a donc l’impression bluffante d’être acteur dans une série de la trempe de “Mad Men”. Du grand drame subtil et classieux, en somme ; et largement de quoi remettre le jeu vidéo au premier rang des plus nobles arts. Alors, qui parlait de crise ?

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